Quand les soupçons sont suffisamment graves pour provoquer une suspension, ils doivent également être suffisamment sérieux pour appeler des réponses.
À la CVM, l’opinion attend désormais la vérité et la justice.
L’impunité encourage les mauvaises pratiques. Elle fragilise les entreprises publiques et donne parfois le sentiment que leurs dirigeants peuvent gérer les biens de l’État sans jamais avoir à rendre des comptes.

Le dossier de la CVM mérite donc d’être suivi avec la plus grande attention.
Contrairement à certains bruits qui circulent, la suspension de Mme BLANDINE KAWANDA, Dg de la CVM ne saurait être interprétée comme une quelconque exonération de responsabilité. Les procédures engagées et les contestations devant les juridictions compétentes ne préjugent pas, à elles seules, du fond des accusations. Une seule chose doit désormais guider l’opinion : les faits, les rapports et les décisions de justice.
Selon une source que nous considérons comme crédible, une importante mission de vérification s’est rendue aux Pays-Bas dans le cadre du dossier relatif à la drague. La délégation aurait réuni des représentants de plusieurs institutions : deux inspecteurs de l’IGF, deux membres de la FEC, deux du Conseil supérieur du portefeuille, deux du ministères du Portefeuille, deux du ministère de Transports et deux du ministère des Finances.
Le dossier aurait également concerné des intérêts liés à la banque UBA.
Surtout, selon les informations recueillies, les vérifications effectuées auraient confirmé plusieurs éléments problématiques concernant la drague. Si ces conclusions sont confirmées par les documents officiels, elles appellent nécessairement des suites judiciaires et administratives.
La question est donc simple : qui doit répondre de ces faits ?
Mme Blandine Kawanda aurait également engagé des démarches devant les juridictions compétentes pour contester les mesures prises à son encontre. Le fait d’exercer un recours constitue un droit. Mais un recours judiciaire ne doit jamais être présenté comme une décision d’innocence sur le fond. Et d’ailleurs pourquoi l’introduire en dehors du temps prescrit ?
La RDC a besoin de dirigeants publics dignes de la confiance de l’État et de la population. Elle a surtout besoin d’une administration où la responsabilité accompagne le pouvoir.
Et depuis la suspension de l’ancienne DG, la situation de la CVM semble, selon plusieurs observateurs, connaître une évolution favorable. Si cette amélioration est réelle, les chiffres doivent parler : performances, recettes, charges, production, investissements et résultats doivent être publiés.
Il ne s’agit pas de régler des comptes personnels. Il s’agit de défendre l’intérêt général.
La CVM n’appartient ni à un directeur général, ni à un conseil d’administration : elle appartient à la République.
Dès lors, si des irrégularités ont effectivement été établies, les responsables doivent répondre devant les instances compétentes. Et si les accusations sont infondées, les personnes mises en cause doivent également pouvoir le démontrer.
La justice, les audits et la transparence doivent trancher. Pas les rumeurs. Pas les réseaux d’influence. Pas les campagnes de communication.
Le peuple congolais mérite de savoir ce qui s’est réellement passé à la CVM.
Notre prochaine édition reviendra dans le détail sur le dossier de la drague, la mission effectuée aux Pays-Bas, les procédures judiciaires engagées et les premiers éléments de comparaison entre la gestion passée et la situation actuelle de la CVM.
Sylvain Mwamba journaliste d’investigation et défenseur des droits humains. / journal la Résistance












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