Quand l’honneur d’un responsable public est menacé, les défenseurs des droits humains entrent aussi en scène
La liberté d’expression ne peut pas devenir un permis de détruire la vie privée, l’honneur et la dignité d’une personne. Menacer de publier des messages, photos ou vidéos à caractère intime dans le but d’humilier, de faire pression ou de discréditer un responsable public peut relever, selon les faits et le pays concerné, de plusieurs infractions : atteinte à la vie privée, diffusion non consentie de contenus intimes, menaces, chantage ou diffamation.
Dans l’affaire impliquant Mme Neneya, il appartient aux autorités judiciaires d’établir les faits et les responsabilités. Mais une chose est certaine : l’utilisation de la vie privée comme arme de pression ne peut être banalisée.
Que les contenus soient diffusés en RDC, en France, en Belgique ou dans un autre État européen, la personne visée dispose de moyens légaux pour défendre son honneur : conservation des preuves, constat des menaces, plainte, saisine d’un avocat, demande de retrait des contenus et, selon la juridiction compétente, action pénale et demande de réparation.
Les défenseurs internationaux des droits humains suivent déjà le dossier
Cette affaire fait désormais l’objet d’une attention particulière de défenseurs internationaux des droits humains. Leur rôle n’est pas de se substituer à la justice, mais de documenter les faits, protéger les victimes, alerter les mécanismes compétents et veiller au respect des droits fondamentaux.
Ils disposent notamment de la capacité de constituer un dossier documenté, de recueillir les éléments de preuve, d’alerter les organisations et mécanismes de défense des droits humains compétents et, lorsque cela est juridiquement possible, d’accompagner la victime dans ses démarches auprès des autorités nationales ou internationales.
Autrement dit, ceux qui pensent pouvoir agir dans l’impunité parce qu’ils se trouvent à l’étranger doivent savoir qu’Internet n’efface ni les preuves, ni les responsabilités.
Il est aussi temps de réfléchir sur
ceux qui, par proximité avec certains adversaires, semblent multiplier les initiatives destinées à salir et discréditer nos autorités. Les divergences politiques sont légitimes. La destruction de la réputation d’une personne par l’exploitation de son intimité ne l’est pas.
On peut combattre une autorité par les idées, les arguments et les faits. On ne peut pas faire de son intimité une arme de vengeance.
Lorsque l’honneur d’un citoyen est menacé, la justice doit parler. Et lorsque les droits fondamentaux sont en jeu, les défenseurs des droits humains ont aussi le devoir de regarder, de documenter, d’alerter et d’agir dans le strict respect de la loi.
Sylvain Mwamba journaliste d’investigation et défenseur international des droits humains












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