Les insultes publiques face à une maladie démocratique, Le cas du parlementaire paraguayen et l’insulte envers “Kyliam” »

Une parole raciste prononcée en pleine coupe du monde n’est jamais un incident isolé. Elle révèle des fragilités morales, juridiques et diplomatiques. Au-delà de l’indignation, il faut des réponses claires : sanctions, réparations et éducation.

Les démocraties se mesurent moins à la qualité de leurs discours que par la manière dont elles réagissent aux discours de haine. Si l’on rapporte qu’une sénatrice paraguayen a proféré une insulte raciste visant « Kyliam », cette sortie n’est pas seulement une attaque contre une personne. Mais une injure portée au continent africain, à toute personne issue de l’immigration, et à l’idée même d’éducation civique et de respect mutuel.

Les propos racistes tenus portent une charge symbolique considérable.
Un élu ne parle pas en son nom privé ; il parle au nom d’une institution et, par contagion, il confère à ses mots une légitimité qui peut banaliser la haine. Laisser impunis de tels propos, c’est autoriser leur reproduction dans la rue, sur les réseaux sociaux, et jusque dans les actes. C’est un signal dangereux pour la cohésion sociale.

Le droit et les normes internationales sont clairs : la liberté d’expression n’exonère pas des propos de haine. Plusieurs instruments dont la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (CERD) et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) — imposent aux États de prévenir et de sanctionner la promotion de la haine raciale. Au plan interne, les parlements disposent en général de règles déontologiques et disciplinaires pouvant aller de la réprimande à la suspension, voire à l’exclusion de l’assemblée.

Exiger des sanctions proportionnées n’est pas un appel à la censure, mais à la responsabilité. La première réponse légitime doit venir de l’institution concernée : audition publique du parlementaire, dépôt d’une plainte disciplinaire, et, si les faits le permettent, recours judiciaires contre les propos relevant de l’incitation à la haine. Ensuite, les gouvernements et organisations régionales l’Union africaine, les partenaires diplomatiques peuvent exprimer leur condamnation pour montrer que le racisme n’est pas une affaire privée mais une atteinte aux relations internationales.
Cependant
la répression seule ne suffit pas, il faudrait recourir à une stratégie en trois volets :

– Répression proportionnée et transparente : application des règles parlementaires et, le cas échéant, de la loi pénale lorsque les propos tombent sous l’incrimination de haine raciale.
– Réparation symbolique et matérielle : excuses publiques, mesures de réparation morale pour la victime, initiatives de promotion de l’égalité et de la diversité dans les institutions.
– Prévention et éducation : formation systématique des élus et des fonctionnaires sur les modules de l’éducation civique
Ainsi la paix l’emportera au détriment des semeurs des troubles.

Sylvain Mwamba

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