FIKIN : LA MODERNISATION À L’ÉPREUVE DE LA TRANSPARENCE ET DES DROITS HUMAINS

Entre engagements financiers, partenariat avec MILVEST, retards éventuels d’exécution et interrogations sur la situation sociale des agents, la gestion du projet de modernisation de la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN) soulèverait plusieurs questions sur la responsabilité managériale de sa Direction générale.

La modernisation de la FIKIN représente un enjeu économique majeur pour la République démocratique du Congo. Présenté comme un projet stratégique de réhabilitation des infrastructures et de relance des activités commerciales, ce programme nécessiterait cependant un suivi rigoureux, une transparence financière et une gestion conforme aux exigences de bonne gouvernance.

Le partenariat avec MILVEST, ainsi que les engagements annoncés pour la reconstruction des infrastructures, mériteraient aujourd’hui une évaluation approfondie. Quels investissements auraient réellement été mobilisés ? Quels travaux auraient été exécutés ? Les engagements contractuels auraient-ils été respectés ? Et surtout, les ressources publiques éventuellement engagées auraient-elles produit les résultats attendus ?

La programmation budgétaire 2026-2028 prévoit notamment des investissements destinés à la réhabilitation de neuf pavillons. Mais entre les prévisions budgétaires et les réalisations effectives, la transparence demeure essentielle. La Direction générale, sous la conduite de Didier Kabampele Ngabul, devrait pouvoir présenter les contrats, les avenants, les justificatifs financiers, les rapports de contrôle et les procès-verbaux de réception des travaux.

Au-delà des infrastructures, la dimension humaine ne devrait pas être négligée.

Si les difficultés de gestion évoquées venaient à être confirmées et qu’elles avaient entraîné des arriérés de rémunération, des privations de couverture médicale, des licenciements irréguliers ou une dégradation des conditions de travail, elles pourraient soulever des préoccupations au regard des articles 36 de la Constitution congolaise, 6 et 7 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

De même, si une gestion défaillante avait privé durablement les commerçants, artisans et exposants de leurs activités et de leurs moyens de subsistance, des questions relatives à leurs droits économiques et sociaux pourraient se poser.

La responsabilité managériale du Directeur général mériterait donc d’être examinée à travers sa capacité à assurer le suivi des contrats, à protéger le patrimoine public, à contrôler les engagements financiers et à préserver les intérêts des travailleurs et des opérateurs économiques.

Dans l’hypothèse où des fautes de gestion et des préjudices seraient établis, les conséquences pourraient aller au-delà des sanctions administratives ou financières. Elles pourraient également ouvrir la voie à des réparations : régularisation des droits sociaux, paiement des rémunérations dues, indemnisation des victimes, restitution des ressources publiques irrégulièrement utilisées et réhabilitation des infrastructures concernées. D’éventuelles responsabilités civiles ou pénales pourraient aussi être recherchées si les éléments constitutifs des infractions étaient réunis.

LE REJIC ET LE CDMDH INTERPELLENT LA DIRECTION GÉNÉRALE

Dans le respect du principe du contradictoire, le Réseau des journalistes d’investigation de la RDC (REJIC) et le Centre de Documentation et de Monitoring des Droits Humains (CDMDH) souhaitent obtenir des éclaircissements du Directeur général sur le niveau réel d’exécution du projet, les engagements contractuels avec MILVEST, les financements effectivement mobilisés, les mécanismes de contrôle et la situation sociale du personnel.

Notre démarche ne consiste pas à condamner préalablement un responsable, mais à vérifier les faits, recueillir les preuves et rechercher les responsabilités éventuelles.

Car moderniser la FIKIN ne devrait pas signifier simplement reconstruire des bâtiments. Il mfaudrait également restaurer la confiance, protéger les travailleurs, préserver le patrimoine public et garantir aux Congolais les retombées éconnomiques promises.

La transparence n’est pas une faveur : elle constitue une obligation de bonne gouvernance.

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