Il n’y a pas si longtemps, Modeste Bahati Lukwebo, vice-président du Sénat et figure influente de la scène politique congolaise, s’était attiré les applaudissements d’une large frange de la population. Sa prise de position ferme contre toute tentative de révision ou de changement de la Constitution avait été saluée comme un acte de courage et de patriotisme. Mais à peine ses privilèges institutionnels menacés, l’homme a opéré un virage spectaculaire: excuses publiques, demande de pardon et renouvellement de son soutien au chef de l’État Félix Tshisekedi. Une attitude qui laisse perplexe et qui illustre tristement la fragilité des convictions dans la sphère politique congolaise.
Le prototype du politicien opportuniste
Ce rétropédalage n’est pas un simple détail. Il révèle un schéma récurrent: celui de responsables politiques prêts à renier leurs propres engagements pour préserver leurs postes juteux. Bahati Lukwebo, que l’on croyait sérieux et constant, s’est montré comme le prototype de ces hommes politiques qui n’hésitent pas à «rouler par terre» pour sauvegarder leurs privilèges. Cette posture opportuniste mine la confiance des citoyens et fragilise davantage les institutions.
Une crédibilité en lambeaux
La crédibilité de Bahati Lukwebo en sort profondément entachée. Comment un homme d’affaires prospère, qui se targue de défendre l’intérêt national, peut-il se dédire aussi rapidement? En réalité, derrière cette volte-face se cache une logique de survie: protéger son empire financier et maintenir son influence au sein du système. Mais ce calcul personnel se fait au détriment de l’image d’un leadership responsable et digne.
Mais, la rentrée parlementaire s’annonce décisive. Bahati Lukwebo pourrait être écarté de son poste, conséquence directe de son manque de constance. Ce scénario met en lumière un problème plus large: l’absence de culture politique fondée sur la cohérence et la responsabilité. Les institutions congolaises souffrent de ces comportements qui réduisent le débat démocratique à une lutte pour des avantages personnels.
Un appel à la dignité politique
Il est urgent de fustiger ce type de comportements. Les Congolais attendent de leurs dirigeants qu’ils soient des repères de stabilité et de courage, non des acteurs de théâtre politique prêts à changer de rôle selon la direction du vent. La dignité politique exige de tenir parole, même lorsque les privilèges sont menacés. Bahati Lukwebo, en se dédisant, a trahi cette exigence.
La Résistance
